Chapitre 5

On ne touche pas à mon équipage.

Petit mot de l'auteur

Et voila, juste pour vous, le chapitre 5 ! ^^

On avance. J'espère que le manque de combat ne vous démotive pas. On va vite se rattraper ! Pas dans ce chapitre, mais dans très peu de temps. Aujourd'hui, le chapitre parlera plus spécialement de Zoro, Robin et Brook. Ils vont explorer une Jungle tropicale. Vont-ils trouver la question qu'ils se posent tous ?

Vous le saurez en lisant ce chapitre !

Merci à ceux qui continuent de me lire, et aussi à ceux qui me laissent des commentaires ! XD

Fin du mot de l'auteur

 

Chapitre 05 : On ne touche pas à mon équipage. 

Ils étaient dans la forêt depuis plus de deux heures, essayant comme ils pouvaient de se frayer un chemin entre les lianes et les nombreuses broussailles. Plus ils avançaient, plus ça devenait difficile, et ils se mirent en file indienne pour mieux avancer. Robin ouvrait la marche, suivit de Zoro, qui surveillait les alentour, et enfin Brook, surveillant leurs arrières (et accessoirement Zoro aussi.). Le squelette n'était pas fier dans cette sombre forêt inquiétante. Il avait voulu marcher un petit peu, mais il ne pensait pas que ces bois étaient si profonds. On se croyait dans une jungle tropicale, avec des oiseaux multicolores et des singes aux cris perçants.

Zoro, lui, était de méchante humeur. Trois fois. Ça faisait trois fois qu'il était attaqué par de stupides singes carnivores invariablement attirés par lui.

- Ils doivent être fascinés par la couleur de tes cheveux, avait fait remarquer Robin, après la deuxième attaque.

Cette dernière était au contraire complètement sous le charme de ces nombreux primates, tous si insolites.

- Oy, Robin ! S'énerva le bretteur. Tu es sûr de toi ? Tu sais où tu nous emmènes au moins ?

- Non.

- QUOI ?! Cria Zoro.

- Comment veux-tu que je le sache, exposa-t-elle simplement. Je ne connais pas plus que toi cet endroit.

- Comment nous diriges-tu alors ?

Il la regardait, furieux. Il aurait pu aller où il voulait, ça ne changeait pas grand-chose si elle ne savait pas comment se diriger. C'est alors qu'elle pencha légèrement la tête et lui sortit :

- L'instinct féminin est bien plus fiable que celui des hommes.

- Qu'est-ce que-

- Zoro-san, je crois que tu ne devrais pas relever cette remarque féministe.

Il regarda le squelette avec haine.

- Désolé, mais même moi, j'ai déjà pu remarquer que ton sens de l'orientation n'était pas des meilleurs, alors…

Zoro soupira bruyamment et laissa passer. Avec un sourire, Robin reprit son chemin. Elle ne l'avait pas dit, mais depuis quelque temps déjà, elle avait remarqué des signes de civilisations anciennes. Très anciennes. Et plus ils avançaient, plus les signes augmentaient. Un pilier, une roche. Chaque indice supplémentaire les rapprochaient de leur but.

Brusquement, la forêt eut une coupure, et ils découvrirent une étrange route pavée, vieille de quelque centaine d'années au moins. Aussitôt, Robin se pencha pour inspecter la pierre alors que Zoro et Brook soupiraient d'aise, pouvant enfin bouger sans être gênés par les arbres.

- Étrange. Ces pavés…

- Quoi, ils sont vieux et recouvert d'herbe ? Et alors.

- Non, continua-t-elle, sans relever, ils conduisent vers le centre de l'île. Je pense que l'on devrait les suivre.

- Crois-tu que c'est l'œuvre d'humains, demanda Brook, ou que c'est Dame Sourire qui l'a créé ça aussi ?

- J'espère que c'est la deuxième solution, sinon…

Elle ne continua pas. C'était inutile. Ils dirigèrent leurs pas vers le centre de l'île.


 - Que regardes-tu comme ça, demoiselle ?

Nami ne répondit pas et continua à scruter l'horizon avec attention. Elle avait sentit le vent se lever, imperceptible pour les autres, mais porteur de pluie pour elle. Elle en était certaine. Elle se tourna vers ses compagnons.

- Les gars ! Une tempête nous arrive droit dessus.

- Dans combien de temps sera-t-elle sur nous, Nami-san ?

Il ne mit pas en doute sa prédiction. Personne n'était plus sensible au climat qu'elle, et tous ici le savaient.

- Je dirais dans une heure, grand max.

- C'est pourtant rare, de tels changements climatiques sur une île, remarqua Franky. D'habitude, c'est quand on est sur Grand Line que le temps se dérègle comme ça.

- Oui, mais Robin a bien dit que cette île était de type estivale, et en période de printemps, alors ce doit être des crues printanières. Ou du moins y ressembler.

Les quatre garçons silencieux la virent lever les yeux au ciel.

- Mais avec la chaleur qui règne ici, on va avoir droit à un bel orage. Il faut que l'on range le plus de chose possible et que l'on se mette à l'abri sur le Sunny.

Ils se mirent aussitôt au boulot. Seul Sanji s'autorisa le risque de ne pas obéir sur le champ à la navigatrice pour regarder, inquiet, la forêt. Franky le remarqua et posa sa main sur son épaule.

- T'inquiètes pas. Elle est bien accompagnée, elle ne risque rien.

- C'est sûr. Un sac d'os et une espèce d'algue ambulante incapable de retrouver son chemin. Ce n'est pas rassurant.

Il soupira profondément alors que Franky haussait les épaules, se remettant au travail. Néanmoins, après quelque seconde, il lui sourit en lui disant :

- Reprends toi ! Si tu es un parfait gentleman, tu dois aussi t'occuper de la demoiselle ici présente.

Cette remarque remit du baume au cœur à notre pauvre cuisinier et aida le cyborg à transporter une grande caisse en bois plutôt lourde. Mais il continua à jeter des coups d'œil réguliers vers la forêt.


 Ils entendirent un grondement au dessus de leur tête. Alors qu'ils continuaient à avancer, la forêt devenait moins abondante laissant enfin filtrer le soleil. Mais ils avaient vite déchanté, un orage se préparait.

- On va finir trempés. On n'y échappera pas.

Robin acquiesça et continua son chemin.

- Tu ne fais pas demi-tour ? Demanda Brook.

- Non. Nous n'éviterons pas la pluie, même en partant maintenant. Alors je préfère aller jusqu'au bout, et perdre le moins de temps possible.

Ils étaient tous d'accord. Ils continuèrent.

À force d'avancer, ils finirent par arriver au centre de l'île. Et par trouver ce qu'ils cherchaient.

- C'est… Stupéfiant, ne pu s'empêcher de dire Robin.

Des vestiges anciens s'élevaient sur environ cinq cents mètres, village oublié des hommes. La végétation avait peu à peu reprit ses droits et avait tout envahi. Ils avancèrent jusqu'au centre du village où s'étendait une grande place, qui prenait à elle seule une bonne centaine de mètres. Vide.

- Ils devaient fêter des choses ici, organiser un marché, les mariages…

Robin était toujours aussi émue de découvrir d'anciennes ruines, derniers souvenir d'une vie passée par des humains sur cette île.

- Oui, mais… C'est mauvais ça, non ? Fit sombrement Zoro.

- Tu veux dire que…

- Si cette île n'a pas été crée par la fille, il n'y aura aucun indice ici, et tout ça aura été une belle perte de temps.

On pouvait facilement sentir de l'amertume dans sa voix. Et Robin, qui adorait pourtant son travail d'archéologue, ressentit aussi cette déception. Où trouver un indice pour les aider, si ce n'est pas ici ?

- Je serais vous, je ne m'avancerais pas trop vite, Robin-san, Zoro-san.

Ils se tournèrent vers Brook, qui continua.

- Peut-être ne suis-je qu'un ignorant par rapport à vous, mais j'ai beau chercher, il y a quelque chose qui manque ici.

- Quoi ?

- Et bien, des gens.

Ils ne comprenaient pas où il voulait en venir. Vu l'état des ruines, tous les habitants devaient être morts et enterrés…

- Mais oui, sursauta Robin, c'est ça !

- Quoi ?

- Ce qu'il manque, c'est…

- Le cimetière.

Brook sourit et souleva son chapeau.

- Mais peut-être suis-je trop sensible à ce genre de problème, étant moi-même fait que d'os !

- Non, Brook, tu as raison. J'aurais même dû y penser avant. Même s'ils avaient été décimés par une pandémie, il y aurait des cadavres dans les ruines. Et la présence d'un cimetière dans tout les cas.

Elle les regarda, souriante. S'il n'y avait pas eu d'humains ici, qui avait construit tout ça ?

- Il ne reste plus qu'a chercher une écriture quelconque, il ne doit pas y en avoir tant que ça.

C'est alors que la pluie se décida à leur tomber sur le dos. D'abord fines gouttelettes rafraichissantes, qui se sont vite transformées en une pluie torrentielle et ils furent trempés jusqu'aux os avant d'avoir pu se mettre à l'abris.

- Pour moi, ce fut encore plus rapide, je ne suis fait que d'os ! Yohohoho !!

- Qu'est-ce que tu dis comme bêtise encore…

- Ah ah ah ! Il est marrant ce squelette.

- Moi je le trouve plutôt-

Zoro, Robin et Brook sursautèrent. Cette voix…

- 'lut ! Qu'est-ce que vous faite là ?

- Luffy !!


Il tonnait dehors, et Nami fut très heureuse d'être en sécurité dans la cuisine du Sunny. Sanji leur préparait un chocolat chaud dont il avait le secret. Elle frissonna. Oui, elle était vraiment mieux ici que là-bas. Mais elle s'inquiétait pour les trois autres. Ils n'étaient pas rentrés avant la tempête, et elle espérait qu'il n'y aurait pas trop d'éclairs qui tomberaient. 

Comme un mauvais présage, c'est à ce moment là qu'un énorme éclair foudroya l'île, suivi presque immédiatement d'un monstrueux coup de tonnerre. Son malaise s'accentua.


Il était là, trempé comme une soupe, mais toujours aussi souriant. 

- Mais, Luffy… Pourquoi ?

- Oh, j'ai absolument voulu voir cette île de mes propres yeux, alors on est partis.

- On ?

- Ouais, on l'a malheureusement accompagné. 

Zoko, sortant de l'ombre regarda tour à tour Brook, Robin et Zoro. Ce dernier se sentit menacé par ce regard. Mais il ne savait pas pourquoi. Un coup de tonnerre déchira leurs tympans.

- On va peut-être finir aussi carbonisés que l'arbre foudroyé, vous ne pensez pas ? Exposa posément Rosin, qui sortait elle aussi du recoin sombre où ils pouvaient maintenant voir un accès vers une autre maison.

- Arrête de dire des trucs pareil, grinça Zoko.

- Ah ah ! Moi, je ne crains rien, je suis en caoutchouc, alors…

- Ça suffit, toi aussi !

Luffy rigola de l'air menaçant de Zoko et se tourna vers nos amis, toujours silencieux.

- Et vous, pourquoi vous êtes là ?

Ils échangèrent un rapide coup d'œil, qui n'échappa malgré tout pas à la vigilance de Zoko, sur ses gardes depuis que Luffy les avait rejoint. Robin lui répondit.

- Je cherchais la présence d'une ancienne civilisation sur cette île. Et on a finit par trouver ces ruines.

- Je vois. Et t'aimes ?

- Quoi ?

- Et bien, tout ça, fit il en désignant les murs qui les protégeaient.

- Oui, ils me plaisent.

- Ah bon ?

Rosin semblait particulièrement surprise par cette remarque. Robin se maudit intérieurement. Évidemment, elle aussi avait compris que ces vestiges étaient factices.

- Tu n'as pas remarqué que malgré ces constructions, il n'y a aucune preuve de l'existence d'êtres humains ? Personne n'a vécu ici, ça parait évident pourtant.

Un silence gêné tomba sur le groupe. Robin s'en voulait pour cette erreur, et Zoko les fixait, persuadés qu'ils venaient pour autre chose. Avant que Robin n'ait le temps de trouver une quelconque parade à ces paroles, il attaqua.

- Moi, je suis sûr que vous n'étiez pas là pour les ruines. Vous mentez.


Nouveau coup de tonnerre. Tout aussi puissant. Il éclaira un instant les visages collés aux hublots d'Usopp et de Chopper. Ils se demandaient combien de temps cet orage allait encore durer. Ils pensèrent aux trois autres, coincés dehors par ce temps. Ils étaient bien contents d'être ici, au chaud et en sécurité. Un autre éclair les fit sursauter. Oh oui, bien content de ne pas être dehors ! 


La pluie tombait toujours, formant un rideau épais d'eau. On ne pouvait plus rien distinguer, ni entendre d'autre que la pluie. Pourtant personne dans les ruines n'y faisait attention. Ils étaient tous trop stupéfaits pour ça. 

"Vous mentez."

Ces paroles, dures, résonnaient encore dans la petite pièce. Enfin, Zoro, en se levant, répondit. Lui aussi sa voix était des plus menaçantes. Il sentait l'affrontement proche.

- Tu nous traites de menteurs ? Qui crois-tu être et pour qui nous prends-tu pour oser nous insulter de la sorte ?

- Pour des menteurs, quoi d'autres. Je ne sais pas ce que vous cachez, mais je ne pense pas que vous ayez de si bonnes intentions que ça.

La voix de Luffy, basse et sérieuse s'éleva alors.

- Zoko, ça suffit.

L'interpelé le regarda. On ne pouvait voir de Luffy que le bas de son visage, son chapeau de paille cachant le reste. Il redressa la tête et ficha ses yeux dans ceux de son épéiste.

- Ils ont raison. Pourquoi les insultes-tu comme ça ? Ça ne te ressemble pas.

Rosin hocha la tête. Elle aussi trouvait qu'il y était allé fort. C'est comme s'il avait volontairement voulu les provoquer. Elle tiqua. C'était peut-être ça, après tout… Mais pourquoi ?

Zoko se sentit légèrement gêné par la véracité de ses paroles. Mais il n'était pas là pour ça. Il ne comprenait pas pourquoi Luffy avait une si haute opinion de ces inconnus, mais il n'allait pas abandonner son idée. Il voulait se battre. Et plus particulièrement contre ce bretteur. Il sentait son talent, et savait que ce n'était sûrement pas un adversaire facile, mais il voulait savoir pourquoi ils le mettaient si mal à l'aise. Et leur véritable relation avec son capitaine.

- Je ne dis que ce que je pense. Et je pense qu'ils nous cachent des choses. C'est tout.

- Ils en ont le droit. Ils n'ont aucun compte à nous rendre.

Le ton de Luffy restait calme, et froid. Malgré lui, Zoko se sentit obligé de reculer.

- Ouais, peut-être.

Aussitôt Luffy se détendit et un petit sourire apparut sur son visage. Il pensait savoir pourquoi son épéiste cherchait la bagarre. Lui aussi avait remarqué la force de ce groupe. Ils n'étaient pas à prendre à la légère. Et il croyait que c'était plus pour tester ses forces qu'autre chose. Seulement, s'il les laissait faire, ils allaient s'entretuer, il le sentait.

Il se tourna vers Zoro, et lui dit, sans se départir de son sourire, ni de son sérieux :

- C'est bon, tu peux le lâcher, ton katana.

Zoro fut surpris. Il avait effectivement commencé à sortir une de ses lames. Mais elles étaient pourtant dans l'ombre, et du côté opposé à Luffy. Et puis il respira profondément avant de se détendre et de rentrer son sabre. Décidément, il le connaissait vraiment très bien. Il se rassit, en soupirant.

- Raah, et cette foutue pluie qui ne veux pas s'arrêter…

- Oui, je pense que l'on est coincés ici pour un moment.

Ils accueillirent cette nouvelle avec des sentiments partagés.


 Franky soupira. Il ne savait pas quoi faire. Son atelier était en bas, et on ne pouvait pas y accéder depuis la cuisine. Et pas question de sortir, avec ce temps. Même pour lui. Après la pluie et les éclairs, un vent avait commencé à souffler. Un vent violent qui ne s'accordait aucun repos. Ça faisait bien une demi-heure maintenant qu'ils étaient tous coincés ici. En silence. Les autres non plus ne savaient pas quoi faire de leur peau. Tous se demandaient si les autres avaient trouvé quelque chose. Et espéraient que oui.


 - Aah… Qu'est-ce que je peux m'ennuyer…

Le dos contre un mur, la tête levée et les yeux clos, Luffy avait gémit. Rosin s'inquiéta.

- Luffy, ça va ? Tu sembles pâle…

Aussitôt, Zoro, Robin et Brook tendirent l'oreille.

- Ça va. Je suis juste… Fatigué.

Puis avec un sourire rassurant, il rajouta.

- Dès que la pluie cesse, je me jette sur de la nourriture.

Rosin hocha la tête. Ça devait être une illusion due à la clarté des éclairs. Mais elle le trouvait vraiment pâle.

- Au fait, demanda brusquement Robin, je ne vous ai pas demandé, mais d'où venez vous ?

- Hein ? Bah, de la plage…

- Pas ça idiot.

Après avoir regardé Zoko taper l'andouille de service, Rosin se tourna en souriant vers son homologue archéologue. Elle désigna de la main la brèche dans le coin sombre qu'ils avaient emprunté.

- Par là. Il y a comme une suite de pièces, toutes vides qui se suivent. Mais elles sont pour le moins étranges. Toutes de la même dimension, mêmes les fissures dans les murs semblent être artificielles. Je ne sais pas si ce sont vraiment des habitations.

- Oui, murmura Robin. Il n'y aucun meuble ou objet ancien témoignant d'une quelconque vie humaine.

- Tu avais bien remarqué, alors.

Robin se sentit rosir. Bien sûr elle avait remarqué…

- Oui, finit-elle par avouer. Mais c'est aussi cette absence d'indice qui me fascine. Je vais peut-être regarder ces pièces moi aussi.

- Robin-san, laisse-moi t'accompagner, si ça ne te dérange pas.

- Avec plaisir, Brook. Et toi Zoro ?

- Ouais, j'arrive.

Ils se levèrent. Zoro avait remarqué le regard insistant de Robin. Elle voulait leur parler. Seuls. Avant de sortir, Brook s'arrêta et regarda Rosin dans les yeux. Puis avec un sérieux déconcertant, il lui demanda :

- J'espère que vos sous-vêtement ne sont pas trempé eux aussi, sinon vous devez avoir froid.

*BOUM*

Zoro, après lui avoir défoncé le crâne, le traina derrière lui en grommelant. Ils disparurent sous le sourire de Rosin et le rire de Luffy.

- Il est vraiment trop marrant ce squelette !

Mais une paire d'yeux froids comme la glace ne les avait pas quittés. Zoro comme Robin avaient senti le poids de ce regard dans le dos, jusqu'à ce qu'ils passent dans une autre pièce.


 Ils avaient traversé une dizaine de pièces, identiques à quelques détails près. Robin avait malgré tout regardé attentivement s'il n'y avait pas d'indice. Mais plus elle avançait, plus elle était certaine de ne rien trouver. Et elle se décida à leur parler, la vraie raison qui l'avait poussé à poser cette question à Rosin. Elle aussi avait remarqué le teint pâle de Luffy.

- On est assez loin, là. On peut s'arrêter.

Brook, remis depuis quelques pièces seulement, examina le plafond.

- Ça a l'air assez solide. On ne risque rien.

Zoro s'assit bruyamment, dos contre le mur. Il attendait. Il avait une idée, et supposait que les autres avaient eu la même. Mais il ne savait pas comment la mettre en œuvre.

- Il n'avait pas l'air bien. Pas comme hier.

Ils acquiescèrent silencieusement à cette remarque inquiétante.

- Oui, j'ai remarqué. Il était pâle. C'est normal, d'après ce que Dame Sourire nous à raconté. Mais je ne sais vraiment pas comment on peut arranger les choses.

- J'ai pensé à un truc.

Ils se tournèrent vers Zoro. Il avait le regard grave.

- Si ce sont eux qui provoquent cet état, il y a aussi la possibilité de les éliminer.

Un éclair choisit ce moment pour éclairer la petite pièce. Mais personne ne broncha, trop occupés à réfléchir sur les conséquences de cette solution. Brook répondit d'une voix basse.

- Zoro-san, tu sais ce que ça signifie… Ils sont pour lui ses amis, son équipage, même si c'est faux… Le remède peut-être pire que le mal…

- Quoi ? Pire que de disparaître ? Se moqua Zoro, sans joie.

Seul le bruit entêtant de la pluie tombant toujours aussi fort était perceptible. Depuis peu, des bourrasques de vent violent apportaient l'eau jusqu'à l'intérieur des abris. L'atmosphère humide n'était pas pour les aider à mettre leurs idées en place. Robin reprit, lentement.

- C'est vrai que… C'est une solution. Mais les tuer, ce ne sera pas une chose facile. Il faudrait en parler aux autres, d'ailleurs.

- Vous ne leur direz rien.

Leur sang ne fit qu'un tour. Ils se levèrent promptement et se mirent en garde. La voix glacée, facilement identifiable venait d'à côté. Puis il se décida à leur faire face.

Zoko.


 - J'étais sûr que vous nous prépariez quelque chose. J'ai bien fait de vous suivre.

Il avait déjà sortit deux sabres de ses fourreaux. Nos amis pestaient intérieurement. Avec la pluie, ils n'avaient rien entendu du tout, et ils ne s'étaient pas méfiés. Brook avait commencé à sortir son épée, et Robin s'était mit en position de combat. Mais aucun d'eux ne faisait plus le moindre geste. Zoro, ses mains sur ses sabres semblait ne plus respirer.

- Tu avais raison. C'est pourtant rare que le capitaine se trompe sur la nature des gens.

Rosin sortit elle aussi de sa cachette, le regard aussi dur que celui de Zoko. Cette fois, nos Mugiwaras ne purent s'empêcher de tressaillir. Si elle était là elle aussi alors…

- Tu vois, Luffy. Ça t'apprendra à accorder ta confiance à tort et à travers.

Un jeune homme apparut alors, encore plus pâle, entre les deux combattants. Ils ne pouvaient pas voir son visage, caché par un chapeau de paille. Son trésor qu'il ne quittait jamais.

- Bon, qu'est-ce que l'on fait, maintenant. On s'occupe d'eux, Luffy ?

- Non.

Ils frémirent tous.

- Oy, Luffy, tu ne vas pas me dire que tu leur fait encore confiance avec ce que tu as entendu…

- Non.

Luffy releva alors la tête et nos amis eurent du mal à ne pas reculer face à la violence de ce regard. La violence, et la douleur qui hurlait dans ses yeux sombres.

- On va simplement partir d'ici.

Il commença à reculer, se fondant dans les ténèbres. Alors, prit d'un besoin inattendu, ils ne purent s'empêcher de bouger. Ils s'avancèrent, baissant ainsi leur garde.

- Lu-

En une fraction de seconde, Zoko s'était précipité sur Zoro, utilisant ses deux sabres en même temps. Ce dernier n'eut le temps que d'en sortir un et de le tenir fermement de ses deux mains pour essayer de contenir la férocité de l'assaut. Bien qu'indemne, il fut éjecté avec force, explosant les murs de cette pièce. Robin et Brook le suivirent prestement, évitant les débris qui leur tombaient dessus.


 Sanji avait un mauvais pressentiment. Il aurait aimé griller une cigarette, mais il en avait finit une il n'y a pas si longtemps. Il n'aimait pas cette sourde angoisse qui montait petit à petit en lui. Ils avaient bien essayé de trouver la question à eux quatre. Ça les avait occupés un moment, mais ils avaient vite abandonné. La tempête ne semblait pas pressée de s'arrêter, se focalisant sur eux. Il savait que ce n'était pas possible. Mais ça augmentait cette sensation de danger. Finalement, il se décida. Il allait en refumer une.


 Ils étaient tous sur la place centrale, s'observant en silence et sans bouger malgré la pluie glacée et le vent qui soufflait. Ils devaient se pencher plus que normalement pour pouvoir conserver leur équilibre. Seul Luffy ne semblait pas sur ses gardes, derrière Zoko et Robin. Puis il s'avança, les dépassa et s'arrêta à une dizaine de mètres devant ses ennemis, leur faisant ainsi face.

- Luffy, qu'est-ce que tu fais ?! Cria Zoko pour couvrir le ruissèlement de l'eau.

- Je te l'ai dit. On ne va pas se battre. Chacun va retourner là d'où il vient. C'est tout. Et s'ils veulent toujours se battre, alors…

Il se mit en garde, soutenant le regard coléreux de Zoro.

- C'est moi qui m'occuperais d'eux.

Alors que derrière lui Zoko et Rosin baissaient doucement leur garde, Luffy leur parla d'une voix qui avait perdu sa dureté, mais qui contenait toute sa déception. Qui leur fit plus mal qu'une dague dans leur chair.

- Je vous considérais vraiment comme des amis. Je vous faisais confiance. Mais vous avez fait une erreur.

Sa voix reprit la dureté du diamant.

- On ne touche pas à mon équipage.

Luffy et son groupe commencèrent par reculer lentement, sans les lâcher des yeux. Nos amis les fixèrent, jusqu'à ce qu'ils disparaissent, comme absorbés par le rideau d'eau.

Alors que la pluie tambourinait sur leurs épaules, ils ne se surent pas combien de temps ils restèrent sans bouger sous la pluie.


Elle s'étira, heureuse de pouvoir enfin sortir à l'air libre. La pluie avait enfin cessé, laissant la place à un magnifique coucher de soleil qui colorait le ciel de violet et embrassait l'horizon. Nami s'avança vers l'ancienne place de campement. Les roches qui leurs servaient de sièges n'avaient pas bougé, mais le tronc d'arbre qu'ils avaient installé avait été emporté par le vent. Il faudrait le remettre en place. Mais elle était heureuse, il n'y avait pas autant de dégât qu'elle le craignait. 

Un bruit la fit se retourner. Franky arrivait avec du bois sec qu'ils avaient mis à l'abri. Il était accompagné d'Usopp qui ramenait des pierres pour entourer le feu. Elle regarda autour d'elle, recherchant Chopper. Elle le trouva en train de transporter avec Sanji le repas de ce soir. Elle l'appela.

- Chopper ? Est-ce que tu pourrais bien remettre en place le tronc avec Franky ?

- J'arrive Nami.

Alors que le renne prenait sa forme la plus imposante, Heavy point, et se dirigeait vers le tronc avec Franky, Nami remarqua l'air soucieux de Sanji. Elle lui sourit.

- Ne t'inquiète pas pour eux. Ils ont du se mettre à couvert pour éviter la pluie. Ils vont vite revenir, et avec de bonnes nouvelles en prime !

- J'aimerais bien, Nami-san. J'aimerais bien. Mais…

- Mais ? L'encouragea-t-elle, inquiète du manque d'enthousiasme du cuisinier.

- Mais quand Robin sera de retour, je devrais m'occuper d'elle, et je ne serais plus tout à toi ! Me pardonneras-tu mellorine de-

Un bon direct du droit l'empêcha de continuer son discours à l'eau de rose.


 - Pfou, c'était lourd.

Chopper s'essuya le front.

- Le vent à du être SUPER fort pour faire bouger ce truc aussi loin.

- Oui, c'était le cas.

Usopp les avait rejoints après avoir allumé le feu. Il regarda longuement vers la forêt, mais il ne voyait toujours rien. Ca faisait maintenant plus de quatre heures qu'ils étaient partis. Il soupira.

- Ils sont en retard. Que je n'aime pas ne rien pouvoir faire !

- Tu parles ! Se moqua Franky. Tu n'avais pas l'air très chaud pour aller dans cette forêt pourtant tout à l'heure !

- Oh, mais c'est… Tu vois… Parce que….

- Te fatigue pas, Long-pif. J'ai compris.

Chopper, qui lui aussi fixait la forêt sentit une bourrasque lui apporter une odeur. Non, trois odeurs. Il sursauta, s'attirant les regards des deux autres.

- Qu'est-ce qu'il y a, petit renne ?

Sans lui répondre, Chopper se précipita vers l'endroit d'où venait l'odeur, le cœur battant la chamade. Mais il n'eut pas le temps d'arriver que l'orée des bois se déchira, laissant passer Robin, Zoro et enfin Brook. Ils étaient trempés et semblaient extrêmement fatigués. Et à leur tête, ils n'avaient pas de bonne nouvelle.


La nuit était désormais tombée sur l'île. Ils étaient silencieux, réunis autour du feu. Robin et Brook avaient raconté ce qu'ils avaient vécu pendant l'après midi. Après la confrontation avec Luffy, ils étaient restés un long moment, fouillant le village entier dans la quête d'un indice, même minime. En vain. Ils le savaient, maintenant. Dame sourire leur était de nouveau apparu. Brisant leur espoir sans regret. 

- Oui, c'est moi qui ai fabriqué cette île. Mais je vous le répète, cette question, c'est la votre.

Elle avait rajouté en se retournant.

- Dépêchez-vous. Demain est votre dernier jour. Et trainer ici est inutile.

Elle était ensuite partie. Personne n'avait essayé de la retenir.

Et ils étaient rentrés. Le chemin du retour avait été aussi laborieux que l'aller, sans compter que tout était humide. Les singes, sautant de branches en branche leur faisaient prendre des douches aussi régulières que froides. Exténués, ils avaient tout de même mis moins de temps pour revenir, sachant où ils allaient.

Maintenant ils étaient réunis. Ils savaient que le groupe d'explorateurs avait eu une rude journée, aussi la soirée passa très vite. Sans se concerter, ils étaient peu à peu allé se coucher. Ne sachant que faire.

Sans réponse. Sans question. Sans capitaine.


 Il était bientôt midi. Zoro regardait d'un œil détaché les activités autour du camp. Après un nouveau débat sur cette question obsédante, ils avaient abandonné, poussés par la faim et le découragement. Ils n'avaient plus que jusqu'à ce soir, ou sinon…

Ce n'était pas pour améliorer son humeur exécrable, qui empirait encore en pensant aux événements de la veille. Cette rencontre lui laissait un goût amer dans la bouche. Luffy l'avait attaqué. Il l'avait menacé, sans hésiter. Il avait dit qu'ils l'avaient déçu par leur comportement, les considérants comme des gens bien.

"On ne touche pas à mon équipage"

Et il était repartit, sans savoir que c'était seulement les ombres de son équipage qui le suivaient, et qu'elles pouvaient lui coûter la vie. Laissant Zoro, Robin et Brook dans le plus grand désarroi.

Zoro réfléchissait aux sentiments qui l'avaient envahi à ce moment là. Bien que particulièrement furieux que son combat ait été interrompu, il avait surtout ressentit de la frustration… Et de la tristesse. Oui, c'était ça. Il s'était attaché à cet abruti plus qu'il ne le pensait. Et il ne pouvait rien faire pour l'aider, lui qui avait tant fait pour son équipage. L'équipage. Sans capitaine, existait-il encore ?

Étant éloigné comme à son habitude du camp, il avait une vue qui enveloppait tout le monde. Il aimait observer tous ce beau monde. C'est là qu'il réalisa qu'ils semblaient tous différents. Non pas qu'ils faisaient quelque chose de d'inhabituel mais… Ça lui sauta aux yeux.

- Une coquille vide…

Il avait murmuré ces mots avec un effarement non dissimulé. Ils faisaient les mêmes activités, et pourtant. Il manquait cet entrain, cette joie stupide qui les animait. Il sentit alors le goût de la peur l'envahir progressivement, et un profond sentiment de refus. Non. Ce n'était pas possible. Sans Luffy avec eux, l'équipage s'effilocherait pour finir par disparaître. La force avec laquelle il refusait cette possibilité l'étonnait. Intérieurement il sourit tristement.

"Quoi, toi ? Zoro ? Un sauvage comme toi ? Un solitaire pur et dur ? Tu ne veux pas les quitter ? Et pourquoi-"

Ce dernier mot fit jaillir un souvenir avec la force d'un typhon. Il en vacilla sur place, commençant à comprendre…


Ils étaient dans une sorte de cave, abris frais et inattendu dans ce désert aride qu'ils traversaient. Ils pouvaient se reposer, en attendant que l'imbécile à terre reprenne conscience. Chopper l'avait accompagné pour soigner Luffy qui, victime d'un coup de chaud et de visions, s'était élancé seul dans le désert. Bien sûr, la diablesse l'avait chargé lui de le retrouver. Ce qu'il avait fini par faire, énervé et épuisé. Et ils avaient trouvé cet abri, ancienne demeure enfouie sous le désert d'Alabasta. 

Brisant le silence, Chopper posa une question. Une question qu'il se posait aussi. Souvent.

- Dit, Zoro…

- Hein ?

- Pourquoi es-tu dans son équipage ?

Zoro regarda alors son capitaine, toujours évanoui sur le sol. 

- Alors ça, avait-il alors murmuré.


Sanji s'interrompit. Il avait finit de ranger les restes du déjeuner, et avait fini ses autres tâches. Il remarqua alors Zoro, les yeux dans le vague, mais avec une étrange expression sur le visage. Il voulu l'asticoter un peu, car il agissait comme un calmant sur les émotions qui l'habitaient. Ce qui devait être réciproque, d'ailleurs. 

- Oy, Zoro, tu dors debout ?

Pas de réaction. Surprenant. Pensant qu'il ne l'avait peut-être pas entendu, il s'approcha de lui, railleur.

- Et t'es sourd en plus. Tu cumules, stupide Marimo.

Il était à deux pas de lui, et n'avait toujours pas bougé un muscle. Sanji comprit alors qu'il y avait un truc qui clochait. Zoro était une machine à tuer en mouvement, et il sentait les gens approcher de lui facilement. Il n'avait cependant ni vu ni entendu le cuisinier, éternel rival qui le faisait en général toujours réagir.

- Oy, Zoro, ça va ?

Sanji commençait à s'inquiéter. Il ne bougeait pas, semblait ne pas avoir conscience de ce qu'il y avait autour de lui. Et il ne répondait pas. Il approcha doucement sa main de son épaule, craignant un peu qu'il se réveille d'un coup et décide de le trucider sur le champ. Mais ce ne fut pas le cas. Il le secoua un peu sans qu'il ne réagisse. S'en était trop pour le coq.

- Chopper !

L'interpellé se tourna vers Sanji. Les autres aussi.

- On a un autre problème par ici.


 Dans sa tête, mots et images défilaient, trop vite pour tous les saisir.

La question. Qu'il se posait. Souvent.

"Cette question, ce n'est pas moi qui vous la pose. Mais c'est vous qui vous la posez. Souvent."

Que les autres devaient aussi se poser.

Luffy, sous une pluie diluvienne, ne le quittant pas des yeux, menaçant.

"On ne touche pas à mon équipage"

La réponse, qu'il connaissait sans jamais se l'avouer.

"La réponse est pourtant tellement évidente"

Le visage de Luffy, souriant, accompagné de son équipage, son véritable équipage.

Une équipe, des amis. Devenu précieux. Très précieux. Tous.

"Cette question, ce n'est pas moi qui vous la pose. Mais c'est vous qui vous la posez. Souvent."

Il comprit ce qu'elle voulut dire.


 - Qu'est-ce qui se passe, Sanji-kun ? Dit Nami en se levant.

- Je ne sais pas, la tête d'algue semble plus vide que l'habitude. Il ne réagit pas du tout.

Puis pris d'une envie subite, il proposa :

- Je peux peut-être le balancer à l'eau ?

- On verra ça plus tard, Sanji-kun. Chopper, tu peux faire quelque chose ?

- J'arrive.

Mais il n'eut pas le temps de faire plus de quelques pas que Zoro émergea enfin de ses pensées chaotiques.

- Ce serait… Ça ?...

- Oh, Marimo-kun, tu reviens dans notre monde finalement ? Le bain sera pour plus tard.

Mais toujours sans relever l'ironie de ces paroles, Zoro se tourna vers eux et souffla :

- Je crois que je l'ai trouvé, la question.

Mot de l'auteur

Enfin ! me direz vous. La question est révélée. Ou presque. Je vous ai aussi mit une scène flash-back. Si vous voulez la voir, c'est dans l'arc d'Alabasta.

Aujourd'hui, je ne sais vraiment pas quoi mettre comme mot de fin… Une idée ? Non ?... Dommage !

Allez, à bientôt pour la suite ! Le chapitre 6 est en route ! XD

Fin du mot de l'auteur

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Date de dernière mise à jour : 2013-02-18

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