Chapitre 8

Retour à la maison

Lorsque j’ouvris les yeux, le soleil disparaissait derrières les bâtiments. Le vent me caressait le visage en me faisant frissonner. Je jetai un œil autour de moi et constatai l’absence de Paul, mais avant que je n’eut le temps de m’interroger, Carl apparut.

Il se tenait debout devant l’entrée de la cours. Dès qu’il me vit, il s’empressa de me rejoindre.

_ « Tiffa ! Mais que fais-tu ici à une heure pareille ? Il fait froid, viens on rentre. »

Sans un mot je me mis à le suivre. Je jetai un dernier regard derrière moi et repensai à ce moment passé avec Paul.

Nous nous étions retrouvés et réconcilié. C’était comme si j’avais récupéré quelque chose de précieux que je pensais avoir perdu à jamais. Une autre partie de moi.

Mon frère et moi étions comme ça. Plus que des frères et sœurs moins que des amis.

Nous étions complémentaires.

Mais qu’allait-il bien pouvoir sortir de cette nouvelle situation ?

Si ma tête semblait l’ignorer, le reste de mon corps, lui savait.

J’avais le cœur serré et une migraine insupportable rien qu’en réfléchissant à la suite des évènements.

Les cours étaient finis depuis quelques minutes, ce qui laissait entendre que je m’étais assoupie toute l’après-midi.

_ « Mais pourquoi il ne m’a pas réveillée ? » me demandais-je.

Carl me raccompagna jusqu’à ma chambre.

_ « Tu es vraiment très pale. Est-ce que ça va ? »

_ « Oui, ne t’inquiètes pas. »

Je mentais, je n’allais pas bien du tout. Je me sentais faible, je peinais à garder les yeux ouverts et le monde semblait se mettre à tournoyer autour de moi.

_ « Tu es vraiment incroyable ! » se mit alors à crier Carl. « Tu viens de sortir de l’hôpital, où ton état était assez grave, et tu ne trouves rien de mieux à faire que de t’endormir dehors ! »

Il était extrêmement fâché. Ça se voyait par les tremblements de sa voix.

Pour l’avoir déjà vu dans cet état, je savais pertinemment que rien de ce que je pourrais dire ou faire ne serait suffisant pour le calmer. Mais je n’avais surtout aucune excuse, pas la force de me défendre et surtout pas envie de dire que j’étais avec Paul.

Ce dernier élément n’aurait en rien arrangé la situation. 

_ « Tu sais que je me fais un sang d’encre pour toi ? » avait il reprit « Quant à Roméo, il semble fâché contre toi, mais surtout inquiet et il refuse de m’en parler. »

Je lui jetai alors un regard interrogateur.

_ « J’ignore toujours ce qui s’est passé entre vous, mais vous feriez mieux de régler ça rapidement. Cette situation est plutôt chiante. Et puis, peu importe la raison, je suis sûr que ce n’est pas insurmontable »

_ « Ainsi donc, Roméo ne lui avait rien dit. » pensais-je.

Puis je fus prise d’un vertige et Carl me rattrapa in extremis.

_« Tiffa, qu’est-ce qu’il y a ? »

_ « Je…Je crois que j’ai besoin de dormir un peu. Ce n’est rien... »

_ « Dormir ? Mais tu viens de te réveiller » dit-il. Puis il mit sa main sur mon front pour y prendre ma température. 

_ « Tu ne sembles pas avoir de fièvre, mais ça ne m’étonnerais pas que tu ais attrapé un rhume. »

Il s’accroupit et me fit basculer pour me porter dans ses bras.

_ « Carl, je… »

Mais toute discussion était inutile. Il me porta donc jusque dans ma chambre, me posa sur mon lit et me recouvrit de ma couette.

_ « Où se trouve-t-il ? »

_ « De quoi tu parles ? » lui demandais-je.

_ « Ton tensiomètre. »

 Lors de mon arrivée chez les Cluster, mon état de santé était au plus bas. L’incident m’avait rendu extrêmement faible, autant physiquement  que psychologiquement. Et cela allait souvent de pair.

Pour cette raison, les services sociaux avait décidé de me placer en priorité, afin qu’un environnement familial puisse m’aider à me sentir mieux. Même si à long terme, ce fut une idée brillante, au début, rien ne laissait présager une quelconque amélioration.

Ce fut dans une succession d’aller-retour entre l’hôpital et mon nouveau foyer que commencèrent les choses.

Mes crises se produisaient souvent durant la nuit.

Un cauchemar, de l’hyperventilation, ou une crise d’anémie assez forte pour me faire perdre connaissance.

À l’époque, je ne parlais pas beaucoup. Les médecins disaient que c’était dû à un choc post-traumatique.

En fait, j’avais si peur que cette famille finisse par m’abandonner à l’hôpital, lassé de mes problèmes de santé, que je développais un système.

Lorsque je sentais approcher une crise, je courrais m’isoler et m’appliquais pour faire le moindre bruit possible. Je ne voulais surtout pas gêner ou énerver qui que ce soit. Mais celui que je craignais le plus c’était M. Cluster. Je crois que je m’étais mise en tête que si je venais à l’énerver, il pourrait arriver ce qui était arrivé avec mon géniteur.

Ce n’est qu’après que j’ai compris ce qu’était une famille normale.

Avec le temps, les crises se firent de plus en plus rares, mais je gardais près de mon lit mes médicaments ainsi que des instruments médicaux dont faisait partie le tensiomètre, que ma nouvelle famille m’avait acheté.

Aujourd’hui encore je leur suis tellement reconnaissante de tout ce qu’ils ont fait pour moi. 

En venant dans cette école, j’avais secrètement arrêté mes médicaments afin de vivre comme tout le monde. Mais je les avais apportés au cas où. Toutefois, je n’ai jamais imaginé que je pourrais avoir besoin de mon tensiomètre. 

_ « Je…je…je ne l’ai pas. » 

_ « Quoi ?...Et comment on va faire ? » 

_ « … » 

_ « … (soupir) Mais qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ? » 

_ « … Je suis désolée. » 

Carl me lança un regard triste et inquiet. Il s’assit sur mon lit et pris à nouveau ma température.  

_ « Je crois que tu es plus chaude que tout à l’heure. » 

_ « Pourtant, je me sens mieux. Ce doit être à cause de la couette que tu m’as mise.» Je me découvrais alors et m’efforçai de lui faire un sourire. 

_ « Hum…Je vais quand même aller chercher Roméo. Il saura prendre ton pouls. Et si ça ne va pas on ira à l’hôpital. Ne bouge surtout pas. » 

Je le regardais disparaitre derrière la porte de ma chambre silencieusement, tout en étant désolée.

Qu’est-ce qui m’arrivait ? Je ne m’étais encore jamais sentie comme ça. Je le sentais, j’avais peur, mais de quoi ? Et pourquoi ? Serait-ce, ce que l’on appelle un mauvais pressentiment ?

Il s’était passé beaucoup de choses dans la journée. La confrontation avec Roméo, l’histoire de Paul et notre réconciliation, puis tous ces souvenirs et ces sentiments que je ressens et que je ne saurais exprimer : la colère, l’amour, la joie, l’inquiétude.

J’étais peut être seulement fatiguée.

_ « Tiffany ? » 

C’est dans l’entrebâillement de la porte que j’aperçu la tête ronde et sympathique de ma colocataire. 

_ « Oh, Mindy ! » 

_  « Tu ne te sens pas bien ? Pourquoi es-tu déjà couchée ? » 

_ « Oh, ça ? Ce n’est rien. Juste un peu de fatigue et peut être un petit rhume. »  lui répondis-je avec le sourire. 

_ « Tu veux que j’appelle tes frères ? » 

_ « Non, ça ira merci. Ils sont déjà au courant et ils ne devraient plus tarder. Mais ce n’est rien de grave je t’assure. » 

_ « … » 

Mindy savait qu’il m’arrivait d’être malade et que cela pouvait être assez sérieux. 

_ « Ne t’en fais pas. » 

Elle acquiesça alors d’un signe de la tête. 

_ « Quand j’y pense, on ne s’est pas beaucoup parlé depuis la rentrée, alors vas-y parle-moi un peu de toi. Et tes vacances ? » Lui dis-je d’un air enjoué. Je me redressais pour pouvoir la regarder dans les yeux.

Elle me sourit alors maladroitement et se mit à serrer son bras droit. 

_ « Mes vacances… » Répéta-t-elle le regard vide. 

_ «… Tu as encore mal au bras ? » 

_ « Ah ! Non, non…pas du tout. » 

Elle mentait très mal, et je voyais que quelque chose la préoccupait mais je décidais de faire l’aveugle. 

_ « C’est vrai qu’avec cette chute, tes vacances n’ont pas dû être très roses…alors parlons d’un autre sujet plus gai. Les cadeaux. » 

Son regard s’illumina, elle semblait soulagée que je n’insiste pas et je savais très bien que le pendentif en forme de cœur qui se trouvait autour de son cou, signifiait de bonnes nouvelles.  

_ « C’est vrai que j’ai plein de choses à te raconter. Des cadeaux j’en ai eu pas mal, mais mon préféré reste celui-là. » Elle me tendit le pendentif. C’était un cœur en argent sur lequel il y avait écrit love. 

_ « C’est Jason qui me l’a offert après qu’il m’ai demandé de sortir avec lui. »Elle était tellement heureuse qu’elle en rougissait. 

_ « Il m’a dit qu’il me regardait depuis longtemps et qu’il m’aimait vraiment. Tu te rends compte ? » 

Je lui lançai un regard attentionné et elle rentra dans les détails de ce moment magique.

Mindy était une véritable amie, contrairement aux autres  filles avec lesquelles je trainais.

Elle était simple, douce et jolie mais faible. Elle avait un gout vestimentaire sans pareil qu’il la rendait originale mais qui pouvait apporter les moqueries ou les jalousies des autres filles.

Combien de fois ai-je du aller la défendre, contre des brimades qu’elle subissait.

Mais c’était quelqu’un de vrai, d’honnête et de pur. C’est ce que j’aimais chez elle. Qu’elle ironie me direz-vous, moi qui suis fausse, qui ne cesse de mentir à mon entourage et qui ai du sang sur les mains. Mais c’était peut-être pour ça. Elle représentait tout ce que j’aurais aimé être. Elle semblait être une des rares personnes qui ne pouvait être touchée par la saleté et la corruption de ce monde.

Ce Jason dont elle me parlait  était un garçon d’un an notre aîné. Elle était tombée amoureuse de lui lors de leur première rencontre. Un jeune sportif, blond aux yeux bleus, l’archétype du parfait playboy. Je dois reconnaitre qu’il n’est pas mal du tout. Malin, rusé, il est aussi farceur avec un fort tempérament.

Les voir ensemble m’intriguait beaucoup. Comment deux caractères aussi différents pouvaient aussi bien s’entendre ?

Avec cette dernière pensée, je vis le visage de Mindy s’assombrir. Ma vue était en train de se troubler. J’avais de plus en plus de mal à respirer et de moins en moins de force pour articuler. 

_ « Tiffany, est-ce que tout va bien ? » me demanda Mindy en se précipitant à mon chevet. Mais aucun son ne put sortir de ma bouche. 

Merde ! Je faisais une autre crise. Pourquoi ?!!! 

J’eu le temps d’entendre Mindy crier et la voix de mes frères qui venaient d’entrer dans la pièce.  

Lorsque j’ouvris les yeux je vis un plafond blanc, senti une forte odeur de désinfectant et je me mis alors à penser : « Retour à la case hôpital. » 

Bon sang, j’avais du mal à y croire. Ça devait faire des années que je n’avais pas été aussi malade. Je n’avais presque plus besoin de médicaments. Et maintenant,  je fais deux crises en moins de deux semaines. Mais qu’est-ce que ça voulait dire?

_ « Réveillée petite sœur ?! » 

_ « Carl ? Je tournais légèrement ma tête et put apercevoir, Carl à l’entrée de la chambre avec deux cafés à la main. À mon chevet, Roméo s'était assoupi. Sa tête posée sur mon lit et je remarquai qu’il me tenait très fort la main. 

_ « Il ne t’a pas lâchée de la nuit » reprit Carl en déposant les cafés sur la table de chevet. Il avait mauvaise mine et je pouvais aisément deviner qu’il n’avait pas beaucoup dormi.

Puis je jetais un regard attentif à Roméo. Ses yeux étaient boursouflés. Il avait pleuré. Je me sentais tellement coupable. 

_ « Il va falloir que j’appelle les parents ce coup-ci sœurette. Ton état empire et sincèrement, c’est plus que ce que je ne peux gérer. » 

_ « De quoi tu parles Carl? » 

_ « Le médecin a dit que d’après tes antécédents, il se pourrait que ce soit une rechute passagère, mais entre nous, ça ne me dit rien de bon et je ne crois pas trop aux coïncidences, or, ton état de santé a commencé à se dégrader pile au moment où Paul revient dans ta vie. » 

_ «... » 

Je n’aimais pas, la tournure de cette discussion. 

_ « Je pense qu’il vaudrait mieux que tu gardes tes distances avec lui et que tu rentres à la maison. Là-bas, les médecins te connaissent et la maison est équipée. Et puis un peu de repos ne pourra que te faire du bien pas vrai ? » 

Carl ne me donnait pas d’ordre, il me suppliait de rentrer à la maison. Il semblait être à deux doigts de s’effondrer en larme. Je ne savais pas quoi lui répondre alors je regardais Roméo et de ma main, libre, je caressais ses cheveux. Ils avaient l’air si épuisés tous les deux. C’était vraiment moi qui les avais mis dans cet état ? Quel genre de monstre étais-je ? Comment en était-on arrivé là ? Et ce sentiment que tout ne faisait que commencer. 

_ « Tiffa… ? » Roméo était en train de se réveiller. Il me lança un regard endormi puis se ressaisit. 

_ « Est-ce que tu vas mieux ? » Sans attendre ma réponse, il posa sa main sur mon front et je ne pus m’empêcher de lâcher quelques larmes. 

_ « Qu’est-ce que tu as ? Tu as mal quelque part ? »

Je me jetai alors, à son cou tout en pleurant de tout mon cœur.

Il resta quelque secondes sans bouger puis me serra dans ses bras à son tour.

Je regardais Carl rester silencieusement derrière son frère et j’acquiesçai d’un signe de la tête pour répondre à sa question. C’était d’accord, je rentrerai à la maison.

Ce dernier vint alors prendre part à notre embrassade. 

Plus tard dans la journée, mes frères préparèrent mes bagages et ce fut dans la soirée que mes parents vinrent mes chercher en voiture.

Ils semblaient inquiets, mais ravis de nous voir. 

_ « Alors, à peine de retour à l’école que vous faites déjà tout pour rentrer. Tu les gâtes trop Clara. » Lança mon père à ma mère. 

Elle sourit, mais ne répondit pas. Elle signa mes papiers de sortie puis m’embrassa doucement sur le front. 

_ « Nous rentrons à la maison » fit-elle.

Elle insista pour que Carl et Roméo rentrent aussi : 

_ « Vous avez mauvaise mine, quelques jours de repos vous feront le plus grand bien. » Puis elle ajouta : « Parfois je me dis que ce n’est pas de jumeaux dont j’ai enfanté, mais de triplés. Quand l’un est malade, les deux autres le sont aussi. » 

Au moment de partir, la porte de la chambre s’ouvrit violemment. 

_ « Lili, tout va bien ?! » 

Mes parents s’interrogèrent, mes frères se braquèrent et moi je senti soudainement une migraine marteler mon crâne. 

_ « Je pense que vous vous trompez de chambre jeune homme. » fit mon père « Il n’y a aucune Lili ici. » 

_ « Non, il n’y a aucune erreur, monsieur. Je la vois derrière vous. » Il me pointa alors du doigt.  « C’est ma sœur. » 

Sa dernière phrase eu l’effet d’une bombe. Ma mère, sembla rater une marche. Mon père fit une tête décontenancée et moi je n’entendais bientôt plus rien d’autre que le tambourinement de mon cœur, tellement il battait fort. Je commençai à me sentir nauséeuse. 

_ « Tu tombes vraiment mal. » fit Roméo. 

En ne relevant pas la remarque, Paul dit : « Je viens d’apprendre qu’elle avait eu un malaise, est-ce qu’elle va bien ? » 

_ «…Oui…mais on va la ramener à la maison pour qu’elle puisse se reposer. » 

_ « Comment ? !! » se mit il à crier. « Vous ne l’emmènerez pas. Vous ne pouvez pas. Je sais ce que vous essayez de faire. Vous n’avez pas le droit. » 

_ « Ah bon ? Regarde » lança Roméo. 

Il se tourna vers moi. Sur son visage on pouvait voir à quel point il était en colère.

_ « Est-ce que tu peux marcher ? » 

Mais c’était à peine si je pouvais bouger un muscle. Je réussis quand même à décrocher un « non » de la tête. Il me dévisagea alors. 

_ « Qu’est-ce qui t’arrives ? Une autre crise ?» 

Toute l’attention fut alors portée sur moi. Je commençai à avoir du mal à respirer.

C’est alors que tout s’accéléra.

Roméo prit ma température avec sa main,  et compris immédiatement.

Paul se mit à courir dans ma direction, mais Carl l’arrêta aussitôt. 

_ « Tu ne vois pas que tu es la cause de tout ça ? » lui hurla- t-il. 

Paul écarquilla alors ses yeux. Puis me jeta un regard inquiet.

Roméo me tendit un masque à oxygène, dans lequel je recherchais rapidement de l’air tout en lançant un regard terrifié en direction de Paul. 

Que diable était-il en train de se passer ? Etait-il vraiment responsable ? 

Roméo se retourna vers lui. 

_ « Sors d’ici tout de suite ! » 

Paul sursauta mais ne bougea un membre. Il ne me quittait pas des yeux. 

_ « Sors d’ici !!! » répéta Roméo 

Puis Carl finit par l’emmener hors de la chambre. Paul n’y opposa aucune résistance. Il semblait sonné.

Dans la chambre, le seul bruit que l’on pouvait entendre était celui du masque à oxygène qui m’aidait à reprendre mon souffle.

C’est alors que je me rendis compte qu’inconsciemment, j’avais pris la main de Roméo et que je la serrais très fort. Je la lâchai et  lui lançai alors un regard étonné. Il me dit alors avec sérieux : 

_ « Ne t’inquiètes pas, je suis là. » 

Puis il se retourna vers mes parents qui n’avaient pas bougé d’un millimètre, et leur fit un résumé de la situation. De la soirée du réveillon jusqu’à aujourd’hui. Ils étaient abasourdis, mais acceptèrent plus ou moins la vérité.

La pression était retombée, je pouvais à nouveau me déplacer par mes propres moyens mais tout le monde insista pour que j’utilise un fauteuil roulant jusqu’à la voiture.

Au moment de partir, Carl nous rejoint à la voiture. On m’installa à l’arrière avec les garçons et nous partîmes sans plus tarder. 

Le voyage dura plus d’une heure mais personne n’osait ouvrir la bouche. Ce n’est pas l’envie qui me manquait pourtant. Je voulais tant savoir ce qui s’était passé entre Carl et Paul, ce qu’ils s’étaient dit. Mais je n’eus pas le courage de rompre se silence pesant.

Finalement, mon père mit la radio et mes frères et moi nous endormirent, comme lorsque nous étions enfants. 

En effet, lorsque nous étions plus petits, les Cluster et moi-même faisions beaucoup de sorties en famille, lorsque j’allais bien. Les meilleures sorties étaient lors de nos anniversaires. Les parents nous emmenaient au parc d’attraction toute la journée et c’était à chaque fois magique. Mais ce que j’appréciais le plus c’était nos trajets en voitures. À l’aller tout le monde était terriblement excité. On parlait des attractions qu’on allait faire, combien de fois, et de ce que nous allions manger. Et aux retours nos têtes étaient remplies de souvenirs, la voiture de ballons et elle sentait l’odeur de la barbe à papa et de pop-corn.

Mon père mettait de la musique et nous nous endormions tous les trois avec le sourire aux lèvres. Ce sont des souvenirs simples, que j’ai toujours chéri. 

Mais ce jour-là, pour le retour à la maison, la voiture ne sentait pas le pop-corn et la barbe à papa, mais le désinfectant. Et nos têtes n’étaient pas à la fête mais remplis de stress, d’anxiété et de douloureux souvenirs.

Oui, ce ne sont pas des sourires qui se sont dessinés sur nos visages ce soir-là.

Seules des larmes coulaient sur nos joues.

Chapitre 7 Les Blessures du Passé Chapitre 9

 

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Date de dernière mise à jour : 2013-02-04

Veuillez respecter le travail que nous effectuons à la sueur de notre front :D!

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