Chapitre 4

Heureux souvenirs

Les vacances étaient finies et nous dûmes retourner à l’IBS.

_ « Faites attention à vous mes chéris » avait dit Clara avant que les portes du train ne se referment.

 Carl, Roméo et moi étions dans le même wagon.

Mes souvenirs d’enfance avec eux me revinrent alors à l’esprit.

Carl avait toujours été cet enfant turbulent mais aussi très sensible. Il nous taquinait souvent à la maison mais nous a toujours surprotégés à l’extérieur. Avec Roméo, ils sont plus que jumeaux, souvent je me dis qu’ils se ressemblent tellement qu’ils ne forment ensemble, qu’une seule et même personne.

On a souvent tout fait ensemble, mais ça n’a pas toujours été comme ça.

Le jour où je suis arrivée chez eux me paraît si loin.

 J’étais encore traumatisée et les médecins ont trouvé judicieux de me faire intégrer une famille immédiatement.

Quand on me fit entrer dans cette maison, Clara m’accueillit très chaleureusement et appela les garçons pour faire les présentations.

 _ « Les enfants, voilà votre nouvelle petite sœur, Tiffany !  Tiffany voilà tes grands frères Carl et Roméo. Ils sont  plus vieux que toi d’un an seulement. Ils vont bien s’occuper de toi, ne t’en fais pas. »

 Je m’en moquais éperdument à ce moment là, on m’avait dit que la famille que j’avais n’existait plus et ils supposaient tous pouvoir me la remplacer. Le regard vide et désespérément triste, selon leur dire, je restais silencieuse.

C’est alors, que Roméo s’approcha de moi et avec une certaine chaleur dans son regard me prit la main. Une main chaude et pleine de tendresse.

« Les garçons, emmenez Tiffany dans la salle de bain pour quelle puisse se débarbouiller et ensuite venez dîner. »

Ils m’emmenèrent dans la salle de bain et après quelques explications rudimentaires, voyant que je ne réagissais toujours pas, Roméo s’inquiéta et commença à me poser une succession de questions auxquelles je gardais le silence.

 _ « Tout va bien ? Tu as mal quelque part ? Tu sais te laver seule ? Tu as besoin d’aide ? »

 J’entendais sa voix si lointaine, vouloir me sortir de ma solitude et de l’obscurité. Et finalement il prit un gant, le mouilla et commença à le passer sur mon visage.

 _ «  Laisse là, elle est bête cette fille, elle ne comprend rien ! » dit alors Carl qui avait assisté à toute la scène.

 _ « Ne dit pas ça Carl. » avait répondu Roméo, mais son frère n’en fit rien

 _ « Laisse là tranquille ! Ce n’est même pas notre vraie sœur ! Toute sa famille est morte maman à dit. Et qui te dit que ce n’est pas elle qui… »

 _ « Tu vas trop loin Carl. » Avait répondu Roméo avec un calme qui ne présageait rien de bon et l’espace d’un instant je crus voir un  regard d’une noirceur effrayante dans les yeux de l’enfant qui semblait alors l’instant d’avant si naïf.

Carl dut le voir également car il n’insista pas et quitta la pièce.

 _ « Ne t’en fait pas, il gentil en fait ! » reprit le jeune garçon avec de nouveau cet air angélique.

 Ce soir là fut l’un des pires de ma vie.

Un cauchemar, qui semblait si réel, mettait en scène le fantôme de mon père revenu des enfers pour m’emmener.

Perlante de sueur, je me réveillais dans les bras de Roméo. Il me serrait si fort que je sentais les battements de son cœur. À ses dires j’avais crié des mots incompréhensibles, mais il avait cru comprendre les mots « père », « pêchés » et « Paul ».

Son visage était rempli de larmes et on aurait pu penser à son regard qu’il avait vu mon rêve. Pour une raison que j’ignorais il était si triste pour moi.

Le reste de ma nouvelle famille me regardaient le regard plein de pitié. Un regard qui blesse plus qu’une arme.

Lorsque Clara voulut me changer, se fut difficile car Roméo refusait de me lâcher. Il décida de rester dormir avec moi toutes les nuits après cela et je vis au même moment Carl commencer à pleurer car, et je ne le sus que plus tard, il pensait alors s’être fait voler son frère, sa moitié, par une inconnue.

Les jours et les mois défilèrent et la situation sembla peu à peu s’arranger.

Je recommençais à parler de nouveau mais Carl, lui, me détestait au plus haut point.

Un jour où Roméo était tombé malade, je dus rentrer de l’école avec Carl. Sur le chemin on se fit agresser par des plus grands. Carl ne me défendit pas et à la première occasion il s’enfuit en me laissant derrière. Je commençais à pleurer quand je tendis la main vers mon frère et d’un geste de désespoir clama son nom haut et fort. Il s’arrêta me jeta un regard et dut penser alors que c’était une façon de se débarrasser de moi mais étrangement il retourna vers nous se mit entre moi et mes agresseurs et leur demanda de me laisser tranquille.

_ « Laisser ma sœur tranquille » avait- il proclamé.

_ « Bouge où tu vas t’en prendre une. » avait répondu l’une des brutes.

Mais mon frère ne bougea pas d’un pouce et fut roué de coups.  Lorsqu’ils nous laissèrent enfin en paix Carl était ensanglanté et je lui dis alors d’une voix faiblarde. 

_ « Pourquoi ? »

Et il me répondit,

_ « Parce que si il t’arrivait quelque chose, Roméo ne me le pardonnerait jamais. »

Il essuya mes larmes, maladroitement prit ma main et commença à avancer.

Je sortis alors un mouchoir de ma poche et je lui tendis.

Il me regarda un instant, puis le prit sans un mot. Il essuya son nez et sa bouche et on rentra à la maison.

Lorsque nous arrivâmes Carla poussa un cri de terreur tel que Roméo descendit voir par lui-même ce qui se passait.

Il ne sut jamais exactement ce qui s’était réellement passé mais je pense qu’il l’a deviné.

Carl ne dit jamais rien à ce sujet mais je sais que ce jour là Roméo l’a remercié d’avoir veillé sur moi.

Depuis ce jour on veille les uns sur les autres comme si nos vies en dépendaient.

_ « fa …ifa…Tiffa ! Et oh, tu m’écoutes ? »

_ « Hein…euh…oui…excuse-moi. »

Roméo me sortit de mes pensées.

_ « Je vais acheter de quoi déjeuner, tu veux quoi ? »

_ « Euh…Un sandwich au thon s’il te plaît, avec une bouteille d’eau.»

_ « Ok ! »

Je le regardais disparaître derrière la porte de notre compartiment, puis me tournais de nouveau vers la fenêtre et me remis à songer.

Oui nous avions grandi, ensemble et heureux. Cette famille était ce qui m’était de plus cher au monde. Mais comment cela se serait passer si j’avais grandis avec Paul ?

Paul ?! Oui, Paul, celui là même qui était réapparu le soir du réveillon et de qui je n’avais plus eu de nouvelles depuis.

Chapitre 3 Les Blessures du Passé Chapitre 5

 

 

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Date de dernière mise à jour : 2013-02-04

Veuillez respecter le travail que nous effectuons à la sueur de notre front :D!

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