Chapitre 5

Le commencement

Nous arrivâmes enfin à l’école.

Dans le dortoir des filles, nous partagions nos chambres à 2. Ma colocataire était une jeune fille brune du nom de Mindy. Amies depuis le collège je l’ai toujours défendue de ceux qui profitaient de sa timidité et de sa naïveté. Qui plus est, elle avait une santé fragile.

_ « Hé ! Bonjour Tiffa, ça fait longtemps ! »

_ « Salut Mindy ! »

J’entrais dans la chambre et Mindy déballais ses affaires.

_ « Comment ce sont passées tes vacances Mindy ? »

_ « Oh tu sais ! Toujours la même chose, ma mère, mon frère et moi… »

_ « Et ton père ! »

Je remarquais alors un bleu sur son poignet.

_ « Qu’est-ce qui t’es arrivé ? » lui demandais-je en montrant son bleu du doigt.

Puis ses yeux tombèrent alors dans les miens, des yeux que je connaissais bien.

Je lui dis alors,

_ « C’est ton père ?! »

_ « Hein ? Non mais ça ne va pas ? … Mon père ne me bat pas ! »

Je la connaissais si bien et elle ne savait réellement pas mentir. Mais je n’insistais pas car elle semblait vraiment bouleversée.

_ « Je n’ai jamais voulu sous-entendre que ton père te battais ! Je voulais savoir s’il lui était arrivé quelque chose durant les vacances ce qui expliquerait ta mine si triste. » Lui répondis-je calmement.

_ « Ah ! … Je vois… désolée. »

_ « Hum…c’est rien, bon je dois y aller j’ai rendez vous avec les garçons, à plus tard ! »

Puis je quittais la chambre. Demain c’était la rentrée et nous nous étions promis de profiter à fond de cette dernière journée de liberté.

Je marchais tranquillement dans la cour, en attendant les jumeaux, lorsqu’une conversation entre des filles m’interpella.

_ « Oui, tu n’es pas au courant, il y a un nouveau qui arrive demain. »

_ « Ah bon, dans notre classe ? »

_ « J’en doute, il n’a pas notre âge. Mais la rumeur dit de lui qu’il est beau comme un dieu. »

(Cri d’hystérie féminine)

_ « Tiffa ! »

Une voix familière me fit sursauter.

_ « Roméo ?!...Mais où est Carl ? »

_ « Il est allé chercher les plats et nous attends à notre endroit habituel ! »

_ « Comment ?! Sur le toit ? »

En fait, un jour, alors que je cherchais ma classe dans cette école qui ressemble d’autant plus à une petite ville qu’à un campus, je me retrouvai sur le toit d’un des bâtiments. Et je découvris par la même  occasion, que l’on y avait une très belle vue. Et depuis j’y venais régulièrement lorsque j’avais besoin de réfléchir où d’être seule. Mais finalement, mes frères m’y ont trouvé et ont décidé de s’incruster.

_ « Tiffa, ce n’est pas bien pour une jeune fille de ton âge de rester seule. » avait dit Roméo.

Alors Carl avait trouvé bon d’ajouter :

_ «  Si tu n’as pas d’amis on déjeunera ensemble dorénavant. »

Et voila comment mon coin est devenu notre coin.

Arrivé sur le toit on retrouva Carl et on déjeuna gaiement ensemble.

Le lendemain fut le jour de la rentrée. Je suis en 2e année de commerce et mes frères en 4e.  Notre projet d’avenir, ouvrir notre entreprise d’informatique. Moi à la compta, Carl à la vente et Roméo serait chargé de l’image de l’entreprise. On lui donnera pour nom F3 (Forester 3) et le slogan : «  Combien faut-il de Gigabits pour sauvegarder un heureux souvenir ? »

On avait pensé à tout. Nous réparerions et commercialiserions les derniers modèles de Pc et de logiciels présents sur le marché.

     Quel beau rêve net et précis, n’est-ce pas ? Parfait pour une personne normale, mais nous savons parfaitement que c’est loin d’être mon cas. Je suis un assassin au visage d’ange qui traque discrètement sa proie et qui fini par la tuer.

Non…attendez, pas moi…C’est Seth le samouraï.

  (Rire amère)

Je n’ai pas une très haute opinion de moi-même, je sais que je suis lâche et certains se disent sans doute que je refuse de prendre mes responsabilités, mais et alors !

Personne ne sait que j’ai une double vie et il peut se dérouler des mois sans que je ne tue personne, et c’est ce qui rend le travail des policiers et du profiler qu’ils ont dû engager, si difficile.

J’essaie de faire en sorte de ne rien laisser au hasard, cette mission dont je me suis investie requiert un travail consciencieux. Faire attention par exemple à ne montrer aucune habitudes afin qu’il ne se fasse pas de moi une idée précise. Et j’attaque n’importe quand pour qu’on ne puisse pas deviner mon emploi du temps. Il est dur de chercher quelqu’un qu’on ne connaît pas, qu’on ne comprend pas, quelqu’un sans visage.

Je ne revendique jamais mes crimes et n’attends aucune considération de qui que ce soit. Je fais cela pour moi avant tout et je ne m’attends pas à ce que quelqu’un me comprenne. Cependant, j’avoue qu’il m’est toujours agréable de constater le visage soulagé de la femme ou des enfants de la victime, comme pour Dylan. Le jour de l’enterrement de son père, il semblait rayonner comme jamais malgré le regard triste qu’il affichait.

Lorsque la police vint nous poser des questions sur Mr Godchester je ne pus m’empêcher de savourer agréablement l’ignorance du policier qui semblait penser que cette affaire avait tout lieu d’être un crime crapuleux.

« Le voleur serait rentré par la porte de derrière et alors qu’il s’apprêtait à voler les bijoux de madame, il fut surpris par Mr Godchester et se débarrassa alors de lui immédiatement avant de disparaître par la fenêtre sans même prendre son butin. » 

_ « Quelle théorie effrayante ! » lui avais-je alors dis, tout en riant intérieurement

      Toutefois malgré mes aptitudes innées pour le crime, ces derniers temps, je sentais la fin du samouraï approcher à grand pas. Loin de moi l’idée de vouloir arrêter de jouer ce rôle, mais…c’est un pressentiment qui ne me lâchait plus. Je sentais qu’un grand malheur s’apprêtait à s’abattre sur ma vie, la changeant pour toujours. Celle pour laquelle j’avais pris tant de soin à reconstruire.

Mais si j’avais su à ce moment là ce qui se passerait par la suite, peut être aurais-je agis différemment.

   Alors que j’entrais à peine en classe, le professeur fit une annonce.

_ « S’il vous plaît asseyez vous, j’ai quelque chose à vous dire. Comme vous l’avez peut-être déjà entendu, il y a un nouvel élève qui entre dans notre prestigieuse école. Quoique en 5e année de médecine, il a tenu à venir se présenter à toutes les classes car il sera aussi le nouveau stagiaire infirmier. Entre. »

 C’est alors que je sentis à ce moment précis que la cause de mon mauvais pressentiment était bien justifiée et que le professeur venait de laisser entrer dans la classe, mais aussi dans ma vie, le fléau tant redouté.

_ « Bonjour à tous, je m’appelle Paul Versailles, j’ai 22ans et serai votre infirmier cette année. Je suis ravi de vous connaître et j’espère que l’on s’entendra bien. »

Un jeune homme à la couleur mate,  aux cheveux dorés et aux yeux bleus avait fait irruption dans la salle.

_ « C’est pas vrai » Me suis-je mise à penser.

C’était bien lui, aucun doute, celui du 24 décembre, celui qui prétendait être mon frère.

Chapitre 4 Les Blessures du Passé Chapitre 6

 

 

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Date de dernière mise à jour : 2013-02-04

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